Review of Ghost in the Shell 2: Innocence (2004) by Broyax — 19 May 2017
Cette suite directe du premier film GITS réalisée 9 ans plus tard reprend des éléments ça et là des mangas de Shirow et les accommode à sa propre sauce, toujours sous l'égide de Mamoru Oshii qui donne ici tout ce qu'il a en matière de réflexion et de questionnement métaphysique... un vrai festival de citations philosophiques et d'interrogations sur la nature humaine.
Si le Major n'est (forcément) plus là (ou presque...!), son ombre continue de planer comme celle d'un ange gardien du vaste réseau... le réalisateur s'en détache sensiblement, l'utilisant comme un simple Deux ex machina et démontrant par là même qu'elle n'est pas vraiment le personnage central de ce monde et que l'inénarrable Batou accompagné du conciliant Togusa peuvent se débrouiller tout seuls.
En vérité, la "star" est le monde cyberpunk lui-même et ses turpitudes cachées dans cette enquête qui remonte de fil en aiguille jusqu'à l'infâme origine d'une série de meurtres inexpliqués d'humains par des robots de compagnie.
A noter qu'en dépit de sa densité introspective, le film n'est certainement ni barbant ni prétentieux et distille là où il le faut de belles scènes d'action mais également une dose d'humour très appréciable entre Batou et Togusa... et Ishikawa qui fait quelques apparitions.
Comme si cela ne suffisait pas, ce film paradoxalement moins contemplatif que le premier s'offre une direction artistique d'une rare beauté, aidée par l'utilisation de l'image de synthèse pour tout ce qui concerne les décors et les environnements ; seuls les personnages restent en 2 dimensions (hélas). La musique de Kenji Kawai parachève le tout et se révèle aussi hypnotique que peut l'être le film, lequel se met à lorgner du côté de Blade Runner sur pas mal de détails d'ambiance. D'ailleurs, les réflexions sur la nature des robots et des humains ne sont pas sans rappeler quelques préoccupations éminemment dickiennes, de même qu'un passage entier de ce GITS 2 où la réalité et l'illusion de la réalité basculent et se confondent...
Voilà donc un chef-d'oeuvre véritable dont la puissance est toujours intacte et dont l'impact nous laisse toujours émerveillé.
This review of Ghost in the Shell 2: Innocence (2004) was written by Broyax on 19 May 2017.
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