Review of Slaughterhouse-Five (1972) by Gabe E — 07 Nov 2011
1972: c'est l'annà (C)e du scandale du Watergate et lentement la guerre du Vietnam touche à sa fin. C'est dans un contexte politique à (C)videmment très mouvementà (C) que sort ce và (C)ritable OFNI qu'est Abattoir 5.
Honnêtement, on a beau y rà (C)flà (C)chir, il est difficile de classer l'oeuvre de Hill. Oscillant avec brio entre drame et humour, Abattoir 5 est une très jolie fable humaniste. C'est l'histoire d'un jeune homme, Billy, qui se dit capable de voyager aussi bien dans le passà (C) que dans le futur. Vivant dans le douloureux souvenir de la Seconde Guerre mondiale et du bombardement de Dresde, ville où il à (C)tait prisonnier lors du fameux bombardement. Vivant dans une forme de prà (C)sent, où sa femme vient de dà (C)cà (C)der, mais où il peut se rendre compte que son mariage n'à (C)tait pas la plus grande des rà (C)ussites. Et dans un futur, sur une planète où il vit dans un dôme avec une actrice et surveillà (C) par des êtres invisibles, mais protecteurs. Le tout forme un montage à (C)clatà (C), mais incroyablement rà (C)ussi, proposant d'ailleurs des jolis plans de transitions pour voyager d'une à (C)poque à une autre.
Abattoir 5 pourrait être à la guerre du Vietnam ce qu'est La vie est belle à la Seconde Guerre mondiale. Une oeuvre permettant d'à (C)chapper à la triste rà (C)alità (C) que vivaient les gens de l'à (C)poque. L'oeuvre est une và (C)ritable propagande anti-militariste. Parce que Billy a beau être un soldat, c'est avant tout un être naïf et gentil pendant la Seconde Guerre mondiale, à qui on doit parfois rappeler que tout le monde n'est pas bon. Le manichà (C)isme n'est certainement pas de mise. Les Amà (C)ricains ne sont pas toujours gentils (le pire ennemi de Billy est un ancien GI qui veut le tuer), les Allemands sont dà (C)peints très justement entre soldats normaux, population subissant elle aussi la guerre et SS contrebalançant le tout. Les Russes sont aussi dà (C)peints et voulant dà (C)jà être sacralisà (C)s comme les ennemis futurs de l'Amà (C)rique, Hill les montre comme des hommes, tout simplement. Bref, l'ennemi n'est pas toujours là où on croit. Bref, inutile de vous dire à quel à (C)cho cela renvoie.
C'est aussi l'histoire d'un mariage presque ratà (C). C'est vrai, Billy a une femme et deux enfants. Mais la première est attachà (C)e aux à (C)là (C)ments frivoles et aux objets superficiels. Elle parle de rà (C)gime? Elle ne le fera jamais. A cela s'ajoute une fille qui ressemble à sa mère et un fils, rejetant d'abord l'univers familial crà (C)à (C) par cette mère, mais rendant de la sorte très fier Billy, se reconnaissant d'une certaine manière dans son fils. Un fils qui combat au Vietnam.
On pourrait s'attendre à de la lourdeur ou à de la naïvetà (C). Non car Hill trouve à mon sens le mot juste. Le drame est bien mis en scène avec un bombardement de Dresde touchant, mais qui dure que très peu de temps (grâce aussi au montage à (C)clatà (C)). Et puis, il y a à (C)normà (C)ment de second degrà (C) et de situations cocasses qui apportent de l'humour à tout cela. Le dà (C)cès de la femme de Billy est presque digne du burlesque, ses phrases sur le rà (C)gime, le chien, ou encore la propre mort de Billy, absurde par excellence.
Mais comment interprà (C)ter alors le monde futur du personnage? A nous de l'interprà (C)ter. Une envie de fuir le prà (C)sent ou cette planète Trafamaldore est rà (C)elle? A nous de voir à (C)videmment. A noter que sur cette planète, les êtres ont très envie de voir Billy et sa compagne se reproduire. On ne le verra cependant jamais à l'à (C)cran. Ca fait à (C)videmment penser à la libà (C)ration sexuelle, toujours avec humour (Billy engueulera son fils pour regarder ce genre de choses, mais il y prendra du plaisir aussi). Il y a aussi un moyen de s'identifier parmi les habitants de Trafamaldore qu'on ne voit jamais, mais qui veulent tout voir et tout connaà (R)tre. En ne montrant pas la reproduction, Hill tend à dà (C)montrer qu'il ne veut pas expliquer le film, mais que c'est au spectateur de le deviner et de reconstruire le puzzle.
Enfin, ce montage à (C)clatà (C) qui envoie Billy dans le passà (C), le prà (C)sent et le futur rappelle aussi quelque peu La vie est belle de Capra quand Stewart est renvoyà (C) par l'ange dans son à (C)poque, mais s'il n'avait jamais existà (C).
Enfin, notons que Pilgrim signifie pèlerin et Abattoir 5 est le lieu de rà (C)sidence des soldats amà (C)ricains à Dresden. Encore un à (C)cho sur le Vietnam et la chair à canons?
En soi un vrai chef-d'oeuvre de toute façon.
This review of Slaughterhouse-Five (1972) was written by Gabe E on 07 Nov 2011.
Slaughterhouse-Five has generally received positive reviews.
Was this review helpful?
