Review of U Turn (1997) by Broyax — 18 Jan 2017
Oliver Stone se fait plaisir avec cette galerie de personnages qui se complaisent dans la caricature tout en rajoutant un dose de satire non négligeable ; la brillante distribution est là pour l'aider dans cette entreprise de démolition à Plouc-land, hormis bien entendu Mademoiselle Lopezzz qui ferait mieux d'aller promener sa silhouette de baleine ailleurs, merci pour nos yeux (rarement vu une endive pareille). Son talent d'actrice est d'ailleurs à l'aune de son gros cul : grotesque.
Bien que U-turn se révèle au fil de ses incroyables et inopinés rebondissements souvent drôle et percutant, ses vilains relents et effluves de tarantinade le desservent considérablement et le temps finit pas sembler bien long après une heure et demi comme si le film ne parvenait pas à conclure ce qu'il a commencé. La fin, cela dit, est une petite apothéose dans son exagération omniprésente et a le mérite d'assumer jusqu'au bout... son jusqu'au-boutisme délirant.
La façon de filmer veut nous faire ressentir une ambiance particulière, outrée comme le reste du film, abusant des gros plans, des répétitions de plans, d'un montage un peu nerveux et de mouvements incessants comme si la caméra avait la gerbe. Heureusement, aucun filtre bizarroïde n'est utilisé et cela reste tout-à-fait regardable... bien que bizarre et toujours vaguement désagréable.
La musique d'Ennio Morricone est surprenante : elle reprend quelques vieux tics de ses gloires passées du poncho mais sur un ton grinçant, presque ou même carrément ironique : elle tombe à point pour l'illustration sonore de ce western moderne décadent. Alors pourquoi la polluer à intervalles réguliers avec des chansonnettes de musique américaine à deux balles ?
Sean Penn est vraiment un excellent acteur et le prouve encore, le démontre ici avec brio, suivi par Nick Nolte et l'inénarrable Billy Bob Thornton (ce mécano !), Powers Boothe en flicard névropathe, Joaquin Phoenix en débilos consanguin et Claire Danes en cruche épouvantable ne sont pas en reste. A noter une apparition heureusement très fugitive de la gourdasse Liv Tyler qui ferait presque passer Mademoiselle Lopesse pour une actrice.
U-turn est un film tourmenté qui ose ici et là, qui provoque, qui fait rire mais qui agace aussi énormément. Il aurait fallu être plus prudent.
This review of U Turn (1997) was written by Broyax on 18 Jan 2017.
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