Review of The Lady (2011) by Marc L — 26 Aug 2012
Quand on connaît la compétence dont dispose Luc Besson pour rendre cons des films déjà pas forcément réputés pour leur cérébralité, il y avait de quoi s'inquiéter à l'idée qu'il s'embarque dans un projet à thématique politique ; pire : à thématique politique "récente", à laquelle il manque donc le nécessaire recul des années pour en livrer une vision impartiale.
D'un autre côté, le nabab français peut plastronner : il aura été le premier sur le coup, le premier, après la libération de cette lointaine icône des droits de l'homme, à fourguer un biopic consacré à la Birmane Aung San Suu Kyi.
Si, malgré l'affection bien connue du réalisateur français pour le gimmick de répétition, on ne s'attendait quand même pas à voir Mme Aung San faire la yamakazi sur les toits de Rangoon, c'est avec surprise qu'on découvre quelque chose de proprement filmé, qui relate sérieusement, par flash-backs successifs, vingt ans de la vie de Aung San Suu Kyi côté cour et côté jardin.
"The lady" ne mérite pas pour autant le qualificatif d'analyse puisqu'il s'agit clairement d'un panégyrique de cette opposante politique : retombant dans ses réflexes simplistes, Besson livre un portrait sommaire de la politique birmane (méchants généraux, cruels, superstitieux et laids) face à une personnalité iconique et monolithique, orchidée dans les cheveux et abnégation en titane.
Il n'y a pourtant pas là de quoi s'étonner : là aussi, Besson reste fidèle à lui-même et s'arrime (efficacement) au traitement américain d'une personnalité historique, dynamique et clairement orienté dans une direction ou une autre dès le départ.
Pourtant, pour des raisons incertaines, "The lady" peine à intéresser au devenir de son héroïne et aux enjeux pour lesquels elles lutte, alors même que le matériel était intéressant.
Les acteurs ne manquent pourtant pas d'implication, le romanesque se taille sa place au sein de l'Histoire et, sans faire preuve d'un réel souci de profondeur, "The lady" trace au moins les lignes saillantes du parcours de ce prix Nobel de la paix.
Mais voilà, il n'y a pas toujours d'explications rationnelle à un désaveu : Besson qui statufie Aung San Suu Kyi dans un film, c'est comme Bono qui lui consacre une chanson : c'est bien gentil mais on s'en fiche un peu.
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