Review of Excalibur (1981) by Marc L — 14 May 2012
Bien que diversement apprécié par la critique à sa sortie, "Excalibur" peut aujourd'hui prétendre à l'avantageuse réputation d'avoir servi de base de travail à la totalité des films avec des chevaliers et des épées qui ont pu sortir au cours des 30 années suivantes et ce, qu'ils aient creusé dans une veine historique ou médiévale-fantastique.
En deux mots, "Excalibur" est ce qu'on appelle communément un "Film-culte"'. Pourtant, à trois décennies d'écart, la vision de ce vénérable pionnier devrait provoquer une réaction mitigée chez le spectateur d'aujourd'hui, qui pourra à bon droit se retrancher derrière le constat que Star Wars, son contemporain, a nettement mieux supporté le passage des années.
Pétri d'ambition, John Boorman envisageait de retracer l'intégralité de l'épopée arthurienne, de la naissance à la mort du Roi des Bretons. Dès lors, malgré la durée assez conséquente du film, il est inévitable que "Excalibur" laisse un goût de trop peu et ne fasse que survoler les légendes de la Table Ronde, des éléments aussi capitaux que la quête du Graal étant obligatoirement réduits à la portion congrue.
A cette narration lacunaire s'ajoutent des éléments symptomatiques des films de cette époque, qui ringardisent quelque peu la dimension épique d'"Excalibur" : les dialogues très hachés, les combats simplistes, un humour maladroit et terriblement premier degré en sont quelques exemples parmi les plus douloureux.
Néanmoins, en dépit des multiples critiques à adresser au fond, "Excalibur" reste une remarquable réussite formelle, une démonstration de la capacité de John Boorman à créer quelque chose qui soit à la fois cohérent et graphiquement inédit.
Si le réalisateur semble parfois avoir conçu son oeuvre comme une succession de tableaux baroques, ce choix artistique ne suffit pas à lui seul pour expliquer la manière dont "Excalibur" continue encore aujourd'hui d'exercer une réelle séduction visuelle.
Peut-être est-ce le sentiment de retourner aux origines d'une imagerie avec laquelle les enfants des années 80 ont grandi. L'apparition de chevaliers sur fond de ciel enflammé, les forteresses envahies de brumes, le navire qui s'éloigne vers Avalon et le soleil couchant, un affrontement devant une cascade,.
..ces images sont devenues aujourd'hui de véritables archétypes, réapparues sous d'autres formes dans un bo millier d'autres films, des superproductions comme le Seigneur des Anneaux aux petites daubes Fantasy que les années 80 produisaient en grande quantité, .
..sans même évoquer la persistance de cette imagerie dans d'autres domaines, comme la couverture d'un bouquin de règles AD&D ou la pochette d'un album de Manowar ! En parlant du "Seigneur des Anneaux" justement, l'influence du film de Boorman sur Peter Jackson est plus qu'évidente, qu'il s'agisse des armures des chevaliers ou du siège du château du duc Gorlois, qui aurait très bien pu s'appeler le gouffre de Helm! Juste retour des choses : une autre qualité d'Excalibur tient à son atmosphère unique, qui donne l'impression d'évoluer dans la légende et non dans la réalité, dans un environnement qui s'est extrait du cours normal de l'histoire plutôt que dans l'Angleterre du VIème siècle.
Des caractéristiques qui s'expliquent par la réutilisation, par Boorman, des trouvailles visuelles et des lieux prévu pour son projet d'adaptation, avorté pour raisons financières,...du Seigneur des Anneaux !
This review of Excalibur (1981) was written by Marc L on 14 May 2012.
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