Review of Waltz with Bashir (2008) by Louise D — 13 May 2012
Au travers de "Valse avec Bachir", Ari Folman pose une question existentielle : que devient le devoir de memoire en l'absence d'images ? La forme cinematographique (ou televisuelle) la plus a meme de transmettre reste le documentaire.
Le cineaste israelien choisit de realiser un long-metrage a la forme batarde qu'on pourrait qualifier de "documentaire d'animation". La structure emprunte a l'imagerie du documentaire (reconstitution, investigation, interviews) mais substitue sa forme au dessin anime'.
Visuellement, le resultat atteint des sommets de splendeur. Les personnages evoluent dans un fascinant ballet de couleurs o'u les ombres occupent une place de choix. La musique "classique" du compositeur Max Richter drape le tout dans une atmosphere flottante.
Quelles sont les images reelles ? Correspondent-elles aux souvenirs ? Ari, le personnage (car "Valse avec Bachir" tient de l'autobiographie), tente de faire la part entre ces images revees, fantasmees (les soldats emergeant sur une plage de Beyrouth, une naiade immense) et les images de la guerre, dures -- trop pour s'en souvenir pleinement.
A l'epoque, ces soldats a peine sortis de l'adolescence ne comprenaient pas ce conflit qui dechira le Moyen-Orient au tout debut des annees 1980. Mais le comprennent-ils mieux de nos jours ? La memoire est malleable, changeante, comme les images d'un dessin anime'.
L'experience que propose le film provoque le vertige. Magistral.
This review of Waltz with Bashir (2008) was written by Louise D on 13 May 2012.
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