Review of Wall Street (1987) by Amy J — 23 Oct 2010
Scandale Enron, crise des Subprimes, debâcle financière, Oliver Stone s'est dit qu'il etait temps de donner une suite à "Wall Street". Et moi, de vaincre mes reticences envers tout ce qui est concepts economiques - je me suis arrête au cochon-tirelire - et d'enfin regarder le Wall Street originel, reference incontournable des annees 80.
Et je n'ai pas ete deçu de ce petit voyage dans le temps, alors même que les flirts limite demago de Stone me posent souvent problème. Si on ne s'arrête qu'au scenario, il est evident que "Wall Street", son environnement financier mis à part, ne s'ecarte guère des règles d'ecriture hollywoodiennes : le heros en quête d'un avenir radieux, le mentor ("malefique" dans le cas present), l'ascension, la perte des illusions, la chute, la redemption.
Le premier contact avec le film peut en outre s'averer redhibitoire tant on est noye sous une avalanche de ces concepts abscons dont les seides du Marche ont le secret mais en parlant de secret, celui de "Wall street" tient moins à la comprehension detaillee de tout ce qui s'y dit qu'à son rythme survolte qui evoque astucieusement ces fameux shoots d'adrenaline que de nombreux Traders confessent ressentir dans ce milieu en perpetuel bouleversement.
"Wall street" est un film indissociable de son epoque, celle des Yuppies et du bling-bling naissant, de la quête du fric pour le fric et de la prise de contrôle planetaire par les financiers.
Une epoque dont on peut aujourd'hui evaluer avec une certaine objectivite les debordements mais qui ne reduit pas pour autant le film à un simple polaroïd du capitalisme d'il y a un quart de siècle.
Car si le style et le Zeitgheist on change, il est evident - pour tout le monde que ce que Stone denonçait à l'epoque n'a fait qu'empirer et a pris des proportions dont les requins des eighties auraient seulement pu rêver.
En filigrane de l'opposition du père et du père de substitution, c'est le capitalisme du travail, base sur la realite, et le capitalisme de la bourse, producteur de neant et destructeur de cette realiteque Stone mets face-à -face.
L'opinion du realisateur est claire et la demonstration est limpide, sans guère se preoccuper de nuances...ce qui n'empêche absolument pas "Wall Street" de fonctionner à la perfection tant cette dualitepour simpliste qu'elle soit, demeure plus que jamais d'actualite.
"Wall Street" n'aurait cependant pas traverse les annees avec autant d'aisance sans la presence ecrasante de Michael Douglas/Gordon Gekko qui offre là une de ses meilleures prestations, incarnation hallucinante du parfait salopard sans scrupules.
Ironie du sort, de l'aveu même de Stone, c'est à la vision de "Wall Street" que certains ont eu la revelation qu'ils attendaient et, à force de travail et d'une notion de probite toute personnelle, sont devenus les Gordon Gekko des annees 2000.
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This review of Wall Street (1987) was written by Amy J on 23 Oct 2010.
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