Review of The Dictator (2012) by Oliver E — 18 Nov 2012
Nouvel avatar du trublion Sacha Baron Cohen, l'amiral-général Aladeen est un concentré de tout ce que le Moyen Orient compte (ou comptait, les dernières années n'ont pas été tendres avec ces malheureuses reliques du 20ème siècle) de dictateurs sanguinaires d'opérette.
Mais contrairement à "Borat" et "Brüno", "The dictator", sans doute parce que l'avatar était trop excessif et l'acteur trop facilement identifiable aujourd'hui, ne renoue pas avec le principe des caméras cachées qui caractérisaient les deux films précédents.
Un choix qu'on peut évidemment regretter : c'est dans ces séquences à moitié improvisées que Baron Cohen se montrait le plus percutant, en se débrouillant, l'air de ne pas y toucher, pour pousser ses interlocuteurs à s'empêtrer dans leurs contradictions ou en grattant le mince vernis de civilisation pour révéler les pulsions primaires tapies juste derrière.
Ainsi dépourvu de cette exposition salutaire de la stupidité humaine, "The dictator" en devient un banale comédie caustique, heureusement sauvée par le génie comique et le mauvais goût proverbial de Sacha Baron Cohen.
Précaution d'usage qui vaut pour tous les films avec Sacha Baron Cohen, ceux que les blagues sales, les traits d'esprit scatologiques et la vulgarité érigée au rang d'art mineur révulsent, ne devraient sans doute pas poser les yeux sur cette comédie fétide.
Quand aux fans, ils éviteront simplement de déceler de la subversion là où il n'y en a pas : le relativisme dont Baron Cohen fait preuve dans son discours final pastichant celui de Charlie Chaplin dans un autre film consacré à un dictateur, se limite à enfoncer des portes grandes ouvertes.
This review of The Dictator (2012) was written by Oliver E on 18 Nov 2012.
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