Review of The Bridge on the River Kwai (1957) by Broyax — 03 Sep 2018
Un grand film de guerre ou plutôt sur la guerre et ses contingences, à savoir celle notamment d'un camp de prisonniers où l'on se demande parfois qui sont les prisonniers et qui sont les geôliers... Car si le Japonais est rigide et inflexible, l'Anglais est perfide et sournois. L'Anglais est également flegmatique et entre dans le camp au pas cadencé en sifflotant, très soucieux des apparences et de... l'honneur ou quelque chose comme ça.
On se demande donc si c'est du lard ou du cochon, du pudding ou du sushi... sans doute un peu des deux, mon colonel. Le Japonais m'a d'ailleurs l'air un peu mou du genou, voire dépressif : moi, j'aurais commencé par faire un exemple et procédé à une décapitation au katana de quelques volontaires involontaires choisis au hasard. Après tout, le colonel nippon (ni mauvais) se balade toujours avec son coupe-chou...
Tout cela est un peu drôle donc mais en même temps très sérieux et solennel, surtout que David Lean connaît son affaire pour donner de la grandeur à ses plans : il utilise le cinémascope comme personne mais aussi malheureusement une épouvantable "nuit américaine"... Les acteurs pour leur part sont excellents, le fameux trio Guinness-Holden-Hawkins fait des merveilles, l'acteur japonais également d'ailleurs. Holden qui est bien plus que le ballâtre de service qu'on aurait pu craindre, grâce à son personnage inattendu en fin de compte.
Hélas, mille fois hélas, le film souffre d'un gros problème de rythme dans son dernier tiers : tout-à-coup, il se met à pédaler dans la semoule et fait du surplace : on a alors qu'une envie, lui donner un gros coup de pied au cul avec l'avance rapide de la télécommande. Mais ce n'est pas tout : tandis que la fin daigne arriver enfin, celle-ci se ridiculise et le colonel anglais fait n'importe quoi parce que dans le scénario, on a fait n'importe quoi. Je doute que la fin du bouquin de Pierre Boulle soit aussi... grotesque.
En conclusion, nous avons là un beau film mais qui s'égare beaucoup trop dans ses longueurs et sa fin désordonnée. Dommage, j'ai bien rigolé au début mais aussi au milieu lorsqu'Hawkins manipule si perfidement (c'est-à-dire si britanniquement) Holden l'Américain.
This review of The Bridge on the River Kwai (1957) was written by Broyax on 03 Sep 2018.
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