Review of Nosferatu the Vampyre (1979) by L B — 28 Oct 2010
Faute de pouvoir obtenir les droits du roman, le "Nosferatu" de F.W. Murnau avait plagie le "Dracula" de Bram Stocker en germanisant personnages et lieux. Le procès intente par la veuve Stocker lui donna raison et la quasi integralite des copies du film fut detruite.
Il fallut attendre 1979 pour que les droits de "Dracula" tombent dans le domaine public, ce qui permit enfin à Werner Herzog de tourner son remake du "plus grand film allemand de tous les temps" selon ses propres dires, en rebaptisant les protagonistes de leur nom d'origine.
Si l'original est un veritable chef d'oeuvre à mes yeux, je suis plus indecis quant à l'interêt de cette relecture tournee à six decennies d'intervalle. On peut la considerer comme un hommage studieux à l'oeuvre de Murnau, avec un certain nombre de scènes reproduites à l'identique, eclairage et gestuelle des personnages comprise.
Un exercice de style peut-être un peu vain mais qui aura au moins le merite de faire decouvrir Nosferatu à un public retif au cinema muet. Si, pour ce que je connais de lui, Werner Herzog n'exerce pas de fascination particulière sur moi, il reste un realisateur formellement doue et debordant d'idees et, derrière cette apparente copie conforme, il y a egalement un nouveau film ou plutôt une nouvelle vision d'une oeuvre de reference.
A mon sens, c'est là que le bât blesse. On ne pourra pas reprocher à Herzog d'avoir bâcle le travail : l'interpretation (en ce qui concerne Ganz et Adjani, principalement) est the)âtrale et emphatique comme l'exigent les codes de l'expressionnisme et les quelques touches surrealistes (l'enfant gitan qui joue du violon, le diner des pestiferes sur la place de Wismar) sont originales, même si elles ne me convainquent pas veritablement.
En fait, cette relecture a plus mal vieilli en trois decennies que la version originale en neuf ! La presence de la couleur, si elle donne lieu à une poignees de sequences d'une remarquable force visuelle (le voyage de Harker vers le château du comte par exemple), joue nettement en defaveur du film, en lui ôtant toute sa patine et son mystère.
Malgre sa precision, sa symbolique soignee et les passerelles qu'il jette vers d'autres formes d'expression artistique, ce "Nosferatu" traine derrière lui une aura de lenteur et d'ennui.
Seule reussite à mettre au credit de cette nouvelle version, le traitement de la creature. Dracula n'est pas un ici monstre sans pitie ni un dandy deprave et en dehors de son apparence physique, il n'est pas non plus la chose difforme et impersonnelle du film de 1922.
Au contraire, c'est une triste creature solitaire, fatiguede sa non-vie, lasse de son etat sans pouvoir y remedier. Et Klaus Kinsky, la folie et la souffrance dans le regard, lui donne une profondeur saisissante, qui inspire autant la compassion que le degoût.
This review of Nosferatu the Vampyre (1979) was written by L B on 28 Oct 2010.
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