Review of Merantau (2009) by Diegane M — 30 Sep 2010
Non content dâ??avoir révolutionné le genre, Ong-Bak a redonné un coup de fouet à la production de films dâ??arts-martiaux dans toute lâ??Asie et inspiré bon nombre de métrages plus ou moins bons. Dans le cadre de cette nouvelle vague du film de baston, certains réalisateurs ont vu une occasion de mettre en valeur des arts-martiaux locaux. Câ??est le cas du métrage Viêtnamien The Rebel qui mettait en avant le Viet Vo Dao et de lâ??indonésien Merantau qui propose des combats à base de Silat.
Ainsi, Merantau se revendique ouvertement comme étant le pendant Indonésien de Ong-Bak et les points communs entre les deux films sautent aux yeux : une intrigue en partie basée sur des traditions locales (dans Merantau il est question dâ??une sorte de voyage initiatique), un héros vertueux issu de la campagne confronté à la violence et à la corruption urbaine (Merantau en rajoute une couche en mettant en scène de vilain occidentaux spécialisés dans le trafic de femmes) et bien sûr lâ??art-martial national magnifié par des scènes de baston époustouflantes.
Ã?tonnamment, la comparaison entre les deux films tourne en faveur de lâ??Indonésien qui se révèle plus soigné formellement que le Thaïlandais qui existait uniquement grâce à ses fulgurances martiales. La mise en scène de Gareth Evans (comme quoi, un occidental qui réalise un bon film dâ??art-martiaux câ??est possible !) est précise, élégante et dâ??une lisibilité exemplaire, et réussit à capter lâ??émotion qui se dégage dâ??un script niais à souhait mais beaucoup moins que celui dâ??Ong-Bak. Ainsi, la demi-heure dâ??exposition nâ??est pas désagréable et fait patienter le spectateur jusquâ??au début de la distribution générale de baffe.
Sur ce point précis, la comparaison avec Ong-Bak nâ??a pas lieu dâ??être vu que les formes de combats utilisées et les interprètes sont différents, toutefois on peut affirmer que Merantau nâ??a rien à envier au long-métrage de Prachya Pinkaew en termes de spectacle.
Plus sobre, moins aérien mais tout aussi sauvage, le Silat du film sâ??apparente à une forme de close-combat particulièrement violente dont le but est clairement de détruire lâ??adversaire.
Ainsi, les combats font la part belle aux percutions sèches et aux projections brutales et la caméra capte remarquablement bien la violence de ces affrontements. En effet, le réalisateur Gallois filme ses mano a mano de façon quasi-documentaire, sans effet de montage tape à lâ??Å?il ni mouvements de caméra à deux balles. Ainsi, le spectacle repose entièrement sur les acteurs : en tête le jeune Iko Uwais, moins polyvalent et virevoltant que Tony Jaa mais tout aussi charismatique et expert dans son art. Pour lâ??épauler, des cascadeurs Indonésiens qui nâ??ont rien à envier à leurs collègues Thaïlandais en matière de prise dâ??inconscience, la prise de risque étant maximale dans certaines scènes (tous les fights se déroulant en hauteur).
Merantau rempli donc généreusement son contrat en matière de bourre-pif dâ??autant que les combats sâ??enchaînent à un rythme soutenu dans la deuxième moitié du film.
Au final, ce film est une excellente surprise, qui met en valeur une forme de combat jamais vue sur grand écran et qui propose une alternative réjouissante à Ong-Bak dont les suites sont devenues un peu trop mystiques (même si niveau castagne câ??est LA référence). Du coup, on est en droit dâ??attendre une suite et pourquoi pas un jour, un Expendables du film de tatane qui réunirait Uwais, Tony Jaa et dâ??autres artistes martiaux (Donnie Yen, Scott Adkins, etcâ?¦).
This review of Merantau (2009) was written by Diegane M on 30 Sep 2010.
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