Review of Meek's Cutoff (2011) by Marc L — 13 Feb 2012
Avant que la conquête de l'Ouest ne puisse livrer son quota de desperados et d'attaques de diligence, il a bien fallu le créer, cet "Ouest". Et ce sont d'humbles pionniers qui s'en chargèrent durant la première moitié du 19ème siècle.
C'est de ce fait historique que traite "La dernière piste", de trois familles qui, en essayant de rejoindre l'Orégon à travers les steppes de l'ouest, empruntent un supposé raccourci conseillé par le trappeur qui les accompagne, s'égarent et capturent un Peau-Rouge, ennemi mortel de l'homme blanc mais aussi - peut-être - unique possibilité de sortir vivant de la steppe.
Voilà donc un "Western" - comment voulez-vous l'appeler autrement ? - qui prend le concept même du Western à rebrousse-poils. Pas de règlements de compte à Ok Corall, pas de chevauchée fantastique ou de train qui sifflera trois fois : la réalisatrice préfère s'attarder sur le banalité des actes du quotidien (coudre, faire du feu, manger, lire la bible,.
..), les enjeux les plus brûlants de l'odyssée concerneront la recherche d'un point d'eau ou la descente périlleuse d'un talus en chariot bâché, tandis que les traditionnelles figures viriles et héroïques, toujours prêtes à jouer du colt, se trouvent totalement démunies face à l'adversité.
Ce sont les femmes, d'ordinaire réduites au rang de faire-valoir dans les western à l'ancienne, qui détiennent éventuellement la solution. Non pas par leur tolérance innée - elle reste toute relative vis-à-vis de l'Indien - mais par leur capacité à s'adapter à l'imprévu et au renversement des valeurs établies.
Tout cela dans une atmosphère plombée, crépusculaire et davantage tourné vers la réflexion intérieure que vers l'action. Vision très personnelle d'un genre cinématographique aujourd'hui centenaire, "La dernière piste" réclame que le spectateur adopte un point de vue centré sur les personnages et néglige toute vision globale, qu'elle soit contextuelle ou géographique, à l'instar du type de prise de vue privilégié par Kelly Reichart (pas de CinemaScope, les paysages semblent dès lors plus "reserrés"), à l'opposé du format en vigueur dans les Western.
Voilà donc un pari cinématographique audacieux et, dans un certain sens, réussi...mais pour être allé au bout de sa vision artisitque, le film, lui, reste malheureusement fort ennuyeux.
This review of Meek's Cutoff (2011) was written by Marc L on 13 Feb 2012.
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