Review of Ghost Rider: Spirit of Vengeance (2011) by Chrispc123 . — 29 Nov 2012
Le Ghost Rider, émule de Charles Bronson boosté au propane, est un anti-héros Marvel unidimensionnel au possible ("je vois des méchants = je bute des méchants"), ce qui peut d'ailleurs expliquer le niveau fort médiocre du film qui lui fut consacré en 2006.
En y ajoutant la présence de Nicolas Cage version "j'ai-des-factures-en-retard" au casting, il n'existait donc virtuellement aucune possibilité que "Ghost Rider 2 : L'esprit de vengeance" détrone "Captain America" ou "Iron Man" en tant que nouvelle poule aux oeufs d'or de l'écurie Marvel.
En fait, "Ghost Rider 2" fait beaucoup mieux que ça. "Ghost Rider 2" atteint une sorte de perfection dans l'idée nuisible, la réplique à l'imbécilité dantesque, le plan-séquence tourné en dépit du sens commun et le gimmick visuel pourri.
"Ghost rider 2" n'est pas un film, c'est un concept, une oeuvre punk au mauvais goût consommé, un mutant filmique qui exhibe fièrement ses pustules et ses plaies purulentes. Aurait-on confié 50 millions de dollars à Uwe Boll qu'il n'aurait probablement pas pu faire mieux.
L'idée, c'est qu'à un moment donné, la paire Nerverdine/Taylor, consciente que le film allait de toute façon être tout pourri, a hurlé à la ronde "Allez les gars, maintenant, tout le monde se lâche".
Il n'en fallait pas davantage pour que Nicolas Cage se mette en rouler des yeux en hennissant hystériquement pour mimer le mec fou dans sa tête, pour que Ciaran Hinds, d'habitude très digne, abandonne ses dernières réserves et se glisse dans la peau d'un Satan de pacotille grimaçant, et pour que Christophe Lambert (oui, Christophe Lambert) vienne quémander le rôle du moine chauve et tatoué qui manie le cimeterre.
Une scène résume toute la logique qui semble avoir guidé la conception de ce nanard plaqué or : il s'agit de la séquence où le Ghost Rider pisse...du napalm bien entendu. Une telle scène ferait perdre sa raison à plus d'un cinéphile : en outre, la manière dont elle est présentée (pas tout à fait sérieusement mais tout à fait décalée non plus) la rend mauvaise, effroyablement mauvaise, honteuse même.
Sans déconner, il y aurait là de quoi ruiner le crédit du personnage à jamais. Mais le plus fort, c'est qu'il ne s'agit pas là d'une démonstration d'incompétence mais d'un acte conscient de perversion : les réalisateurs savaient ce qu'ils faisaient.
..et ils l'ont quand même fait. La récurrence de ces tendances à l'amoralité fait de "Ghost rider 2" un candidat tout trouvé au titre de pire film hollywoodien de l'année mais aussi quelque chose qui, d'un certaine façon, frôle parfois la génie.
..une forme d'accomplissement absolu dans l'art de truander un truc déjà bien moche à la base. On attend maintenant le challenger "Blubberella" de Uwe Boll, le pastiche du diaboliquement pourri "Bloodrayne 3" avec une vampire obèse qui tue des nazis.
This review of Ghost Rider: Spirit of Vengeance (2011) was written by Chrispc123 . on 29 Nov 2012.
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