Review of El Gringo (2012) by Marc L — 17 Dec 2012
Chez les Rodriguez, le Grindhouse, c'est une affaire de famille (notez que je viens de découvrir que Eduardo Rodriguez n'était même pas le cousin de Robert et que du coup, cette phrase d'intro tombe à plat et que c'est con, tant pis).
Qui dit "Grindhouse" dit "clichés" : "El gringo" (déjà, ce titre...) ressemble donc à une avalanche de clichés sommairement modelés pour ressembler à un film. On découvre ainsi une petite ville frontière oppressée par des tueurs des cartels carnavalesques et des flics corrompus et un héros égaré à la frontière du bien et du mal (Scott Adkins, qui va vite devenir mon nouvel acteur préféré s'il continue à synthétiser Van Damme, Statham et Seagal avec un tel brio) qui, en sympathisant avec une barmaid mexicaine à gros poumons qui tient mieux la téquila que lui, va comprendre que l'important c'est l'amour et pas les dix millions de dollars volés qu'il trimballe dans son sac à dos.
Et comme il est pour la première fois plein d'amour et que ça le fait un peu flipper, il va zigouiller dans les 180 Mexicains des Cartels avant de retrouver son calme. Le problème, c'est que contrairement à son faux-cousin qui, dans "Machete", jouait sans vergogne sur le décalage et le comique involontaire inhérents au cinéma d'exploitation, Eduardo Rodriguez prend son sujet trop au sérieux : il y a des gentils qui gagnent, des méchants qui perdent, de l'humour pas franchement drôle et de grosses giclées d'hémoglobine quand les gentils souffrent ou quand les méchants meurent.
Loin d'être la petite perle de second degré espérée, "El gringo" est un Actionner bête et méchant, handicapé par un faible budget et qui se rattrape comme il peut par une violence graphique légèrement au-dessus de la moyenne.
Bien entendu, il est possible, envers et contre tout, de considérer la chose au second ou au troisième degré, mais cela réclame tout de même beaucoup d'efforts personnels pour bien peu de résultat.
Un réalisateur qui charge Manowar de composer le générique final de son film, ça aurait du mettre la puce à l'oreille quant à ses accointances avec le second degré volontaire...
This review of El Gringo (2012) was written by Marc L on 17 Dec 2012.
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