Review of Eat Pray Love (2010) by Sly L. B — 09 Jun 2018
Voilà un film comme je les aime. Elizabeth Gilbert, la trentaine, plaque tout ce qu'elle a, comprenant mari, maison et confort, pour vivre une vie heureuse. Si cela doit passer par le divorce, dix kilos à prendre en se vengeant sur la bouffe et des milliers de kilomètres à parcourir pour s'éloigner d'amant et mari, soit !
Liz fonce en Italie, en Inde, et à Bali, respectivement pour manger, prier, et aimer...
Ce film n'est pas passé inaperçu, loin de là. Démoli par la presse et moyennement apprécié par le spectateur, il a pourtant tout de la recette-clichée censée séduire le public lambda. À savoir paysages de carte postale, rencontre de jeunes hommes italiens beaux, ténébreux et séducteurs, et de balinais avec un sourire de la taille d'une banane, les chicots tout pourris et un nombre d'années au compteur qui ferait pâlir le plus vieux des chinois.
Pourtant, le concept et les questionnements qui sont soulevés dans cette adaptation du livre Mange, Prie, Aime d'Elizabeth Gilbert (une autobiographie donc) se révèlent très intéressants. La romancière narratrice (dans le livre comme dans le film) raconte son voyage initiatique dans ces trois destinations de rêve, à la recherche du bonheur.
Elle s'offre donc le plaisir de prendre 3, 4, 5 ou 6 kilos s'il le faut pour se récompenser, en Italie, d'avoir réussi à quitter une vie confortable mais qui ne la rendait plus heureuse.
En Inde, elle part prier des heures durant pour retrouver sa spiritualité, et rencontre évidemment une jeune fille soumise au mariage forcé. La beauté de cette rencontre réside dans le fait que Liz n'essayera pas de sauver l'Indienne de son sort, mais qu'au contraire, elle percevra une forme de sagesse dans cette résilience à subir le sort que le destin nous réserve.
Une leçon de plus à tirer de son parcours !
Enfin, à Bali, elle trouve l'amour, qui s'avère d'abord très difficile à accepter, puis fougueux et passionnel, et enfin source de bonheur. Javier Bardem endosse encore le rôle du bel homme intrépide et spontané qui pousse au vice. Mais ce rôle lui va si bien que Liz tombe dans ses bras, sans qu'il soit le premier à la courtiser, et donc sans tomber dans le cliché de la roue de secours.
L'ensemble est saucissonné d'interrogations existentielles d'une pertinence qui apporte crédibilité et profondeur à cette histoire semée d'obstacles. Ce petit plus contourne donc allègrement pleurnicheries et lamentations pathétiques que l'on retrouve habituellement dans les mélodrames et autres comédies romantiques où « bouhouuu c'est trop dur la vie et hop ! du jour au lendemain j'ai une blonde au bras qui veut se marier » (cf : moult comédies-navet de cet acabit).
Pour finir, Julia Roberts, alias Liz, joue comme si elle ne jouait pas. Comme si elle vivait cette aventure, souriant à pleines dents et acceptant le sort de son personnage comme s'il ne s'agissait pas d'un scénario fictif ni de l'aventure d'une autre, mais bien de la sienne.
C'est d'ailleurs dans ces comédies humaines et simplement sentimentales que l'on apprécie le naturel d'un acteur peu fardé, qui ne cabotine pas et se contente de vivre sans jouer. Simplement vivre.
C'est d'ailleurs la ritournelle de Mange, Prie, Aime. Que vaut une vie de confort et de facilité lorsque l'on recherche le rudimentaire et l'adrénaline ?
Mange, Prie, Aime, propose une ambiance très variable selon les états d'âme de notre personnage qui n'est ni un héros, ni un anti-héros, simplement un être humain qui se cherche dans ce monde de fou, tantôt bercée par Eddie Vedder, Neil Young ou Marvin Gay, Liz nous entraîne dans une odyssée universelle et parfois réjouissante qui convainc même de se pencher sur le livre !
Bref, un film à voir absolument !
Mathilde E. ...pour BienChoisirSonFilm.
This review of Eat Pray Love (2010) was written by Sly L. B on 09 Jun 2018.
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