Review of Caché (2005) by Clément G — 16 Jun 2008
Michael Haneke, periode francaise, quatrieme : le cineaste autrichien entraine pour la seconde fois Juliette Binoche, accompagnee de Daniel Auteuil, dans un quotidien parasite' par un cauchemar diffus comme il sait si bien les generer.
Tout commence - a la "Lost Highway" (David Lynch, 1997) - par une cassette video que recoit le couple : un plan-sequence fixe de plus de deux heures de la facade de leur pavillon avec toutes leurs allees et venues saisi par une camera semble-t-il invisible.
La qualite exceptionnelle de la bande cre'e un etrange sentiment : a l'ecran, tant que la video est lue a vitesse normale, rien ne la distingue des autres images du film. Il faut voir les parasites de l'avance rapide pour en etre fixe'.
Le theme hanekeen de la video s'insinuant dans le quotidien trouve ici sa plus parfaite illustration. La vie de la famille et leurs interrogations (legitimes) sont ponctuees par des inserts tres courts d'un enfant ensanglante'.
Le malaise augmente d'un cran : s'agit-il aussi de video ? d'un flash-back ? d'un flash-forward ? Petit-a-petit, le passe' du pere va le rattraper : une mauvaise action etant enfant en serait la cause.
Apparemment insignifiante (surtout quand on est petit), sa portee est de toute importance. Et elle entrainera un drame dont l'intensite n'a d'egal que sa brusquerie (mais tout en sobriete, comme toujours chez Haneke).
La scene est reellement terrifiante. On peut lire le film comme une metaphore de la France et de son passe', en quel cas il est d'autant plus interessant de noter l'origine etrangere du cineaste.
Et au contraire de Lynch qui a choisit de personnifier le filmeur, Haneke ne ferme pas son film et son final permet les plus folles conjectures.
This review of Caché (2005) was written by Clément G on 16 Jun 2008.
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