Review of Biutiful (2010) by Marc L — 20 Oct 2011
Meme en l'absence de de Guillermo Arriaga a l'ecriture, on retrouve dans "Biutiful" cette narration labyrinthique propre aux autres films d'Alejandro Inarritu ("Amores perros", "21 grammes"), cette fois centree sur un unique personnage.
Uxbal n'est ni un saint ni un salopard, simplement un rapace humain qui se nourrit de la misere d'autrui pour assurer sa propre subsistance et celle de ses enfants. Un homme qui "vend" de pleines cargaisons d'emigrants chinois et arrondit ses fins de mois grace a un curieux don de medium.
Confronte au chaos du monde qui l'entoure et a sa mort prochaine, il cherche une explication a sa derive, une issue, une promesse de redemption. La question est de savoir si une telle chose est seulement possible.
Eminemment noir et pessimiste a travers toutes ses dimensions, "Biutiful" ne donne pourtant pas l'impression de se repaitre avec complaisance de la misere humaine ni de jouer la carte de la surenchere emotionnelle, quand bien meme le parcours d'Uxbal progresse crescendo vers la desagregation finale.
Toujours fascine par les destinees - surtout quand elles se brisent - Inarritu synthetise en Uxbal une bonne partie de ses heros precedents, des hommes qui, accules, oscillent invariablement entre le bien et le mal, mais dont les impulsions positives arrivent souvent trop tard, ou bien sont ecrasees sous le poids de la fatalite.
Le choix, toujours lui, et ses consequences previsibles ou imprevues, fascine clairement Inarritu mais le realisateur mexicain ne neglige pas pour autant de contextualiser les choses. Ce Barcelone de l'ombre, celui des clandestins et des trafics en tous genre, ou l'humanite n'affleure que ponctuellement, c'est la partie croissante de notre monde que chacun s'efforce de ne pas voir.
Et c'est une baffe d'autant plus brutale a recevoir que, l'univers de l'immigration clandestine ne sert que de Zeitgeist à "Biutiful" : ces drames humains renvoient a d'autres drames humains, et sont a la fois causes et consequences l'un de l'autre.
Sans injonction morale ni plaidoyer politique, "Biutiful" se contente d'affirmer que si l'homme est un loup pour l'homme, il l'est inà (C)vitablement en fonction de son environnement.
This review of Biutiful (2010) was written by Marc L on 20 Oct 2011.
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