Review of A Scanner Darkly (2006) by Marc L — 25 May 2012
Malgré une poignée d'adaptations qui figurent parmi les incontournables de la SF (les gigantesques "Blade runner" et "Total recall") auxquelles il faut ajouter quelques autres titres plus anecdotiques ("Minority report", "Screamers"), le cinéma est encore très loin d'avoir fait le tour des potentialités de l'oeuvre de Phillip K.
Dick...et personne ne prétendra qu'il s'agit d'un mal. "A scanner darkly" par exemple (ou "Substance Mort" pour la version française de la Nouvelle), l'un des écrits les plus forts et les plus personnels de l'écrivain américain, manquait toujours à l'appel et c'est Richard Linklater, grand amateur de projets un peu barrés, qui s'y est collé.
Oeuvre tardive, moins tournée vers le futur et la Science-Fiction et davantage vers l'anticipation et la critique sociale, "A scanner darkly" est le reflet d'une forme de paranoïa grandissante envers les autorités américaines (et plus largement envers "le système"), en même temps qu'un écrit cathartique, un hommage du romancier, grand junkie devant l'éternel, à tous ses camarades qui ont eu moins de chance qui lui avec le surdosage médicamenteux.
Ce n'est donc pas vraiment sa présentation des possibilités technologiques de l'avenir (quoique la "combinaison-brouillée" de l'agent infiltrée soit parmi les plus intéressantes qu'il ait crée) ou sa narration tumultueuse que la nouvelle aura marqué les esprits mais plutôt par l'atmosphère plombée, la déliquescence mentale de tous ses protagonistes et la sensation de confusion, à mi chemin entre schizophrénie et délire de la persécution, qu'elle inflige au le spectateur.
Fidèle à un scénario torturé et tortueux, le film de Richard Linklater ne prend guère de rythme mais retranscrit avec un certain savoir-faire ce "Voyage au bout de la parano". Faute de se risquer à toucher aux fondements de l'ouvrage, Linklater laissera a moins son empreinte sur l'aspect technique de son film.
Si de vrais acteurs (et non des moindres : Keanu Reeves, Woody Harrelson, Robert Downey Jr et Winona Ryder) ont participé au film, ce dernier a été retravaillé dans son intégralité selon le principe de la rotoscopie.
Si on peine parfois à comprendre la raison philosophique d'un tel choix visuel (le résultat n'est pas toujours très uniforme mais il semble que l'excuse toute trouvée soit la perte grandissante du sens des réalité du personnage de Bob Arctor), "A scanner darkly" s'en trouve au moins doté d'une identité visuelle résolument unique.
This review of A Scanner Darkly (2006) was written by Marc L on 25 May 2012.
A Scanner Darkly has generally received positive reviews.
Was this review helpful?
